Immobile-Cerci, du Torino au maillot azzurro

Immobile-Cerci, du Torino au maillot azzurro

Cesare Prandelli est dans l’embarras. Le sélectionneur de l’Italie est en effet confronté à un problème de riche : l’embarras du choix en attaque. Il y a quelques mois, Giuseppe Rossi, Mario Balotelli et Stephan El Shaarawy paraissaient indiscutables. Mais Rossi s’est blessé et n’a toujours pas repris la compétition, El Shaarawy a connu un annus horribilis entre blessures, méforme et crise de l’AC Milan alors que Balotelli continue de souffler le chaud et le froid.

Puis au fil des mois, les “vieux” ont frappé de plus en plus fort à la porte de la  : Luca Toni, bientôt 37 ans mais 18 buts cette saison, Francesco Totti, 37 ans, une vision du jeu toujours aussi aiguisée et encore sept buts, Antonio Cassano, 31 ans et 11 buts, ou l’expérimenté Alberto Gilardino, 31 ans et 14 buts. Mais Prandelli a toujours eu un penchant marqué pour la nouvelle vague et semble avoir aujourd’hui les yeux de Chimène pour les duettistes du Torino, Alessio Cerci et Ciro Immobile.

L’éclosion de ces deux joueurs talentueux égarés dans les méandres d’un calcio faisant la part belle aux étrangers est à mettre au crédit d’un entraineur atypique, Giampiero Ventura, 66 ans, arrivé en 2011 au Torino, son 20ème club. “L’Europe n’a jamais été notre objectif. Je voulais surtout travailler avec un groupe de jeunes joueurs encadré par d’autres plus expérimentés pour bâtir le socle du futur de l’équipe”, explique cet adepte d’un ambitieux 4-2-4.

Transparence et confiance
Quand Alessio Cerci est arrivé au Toro en 2012 il était au creux de la vague. Issu du centre de la formation de l’AS Rome, il fait ses débuts en équipe première grâce à Fabio Capello, le 16 mai 2004 à 16 ans et demi. Il a ensuite été balloté de Brescia à l’Atalanta en passant par Pise, avant de revenir à Rome l’espace de neuf matches et d’être transféré à la Fiorentina. Malgré ce manque de confiance, Cerci était régulièrement retenu dans les sélections nationales de jeunes. Ce sont ensuite trois années d’errance, d’abord en raison de blessures, puis à cause de rapports conflictuels avec son entraineur mais aussi avec les tifosi de la Viola qui le prennent en grippe. Ventura l’a écouté, réconforté et lui a redonné confiance en installant le gaucher sur le flanc droit de l’attaque, son poste préféré.

Le parcours de Ciro Immobile est assez semblable. Après trois petits matches sous le maillot de la Juventus en 2008 pour ses débuts professionnels, l’attaquant de pointe a ensuite été prêté à Sienne, à Grosseto et à Pescara, où il a rencontré le grand formateur Zdenek Zeman lors de la saison 2011/12. Le Napolitain va littéralement exploser en inscrivant 28 buts en 38 rencontres, permettant à Pescara de retrouver la Serie A après 20 saisons de purgatoire.

Mais en janvier 2012, la Juve vend la moitié de ses droits sur le joueur au Genoa. “Je ne crois pas que cela soit très sain d’imposer une nouvelle saison en prêt à un joueur de 22 ans”, regrette alors Immobile qui va être transparent à Gênes (cinq buts en 33 matches). Espérant revenir à la Juve, l’attaquant se retrouve finalement quelques centaines de mètres plus loin, au Torino à qui la Vieillie Dame revend la moitié des droits qu’elle avait rachetée au Genoa.

Performants jusqu’au bout
Rapidement, un déclic se produit entre les deux joueurs et l’association va monter en puissance au fil des matches pour former la paire la plus prolifique de Serie A, avec 33 buts et 13 passes décisives. Immobile se retrouve en tête du classement des buteurs avec 21 réalisations – sans aucun penalty -, et Cerci pointe à 13 buts et 11 passes décisives. “J’avais juste besoin de confiance et de pouvoir évoluer dans une ambiance sereine qui me fasse sentir important. Mais je ne me monte pas la tête. Je reste celui de toujours, humble et concentré”, précise Immobile, dont le style de jeu rappelle un certain Paolo Rossi.

Cerci a fait ses débuts internationaux le 21 mars 2013 contre le Brésil (2:2) avant de participer à la Coupe des Confédérations de la FIFA 2013. Sa polyvalence dans les deux couloirs lui assure pratiquement une place dans la liste définitive des 23. De son côté, Immobile a découvert la Nazionale le 5 mars 2014 lors du match amical en Espagne (0:1) mais est encore loin d’être assuré d’une place. “Prandelli me connaît, il sait que je travaille dur. S’il décide de m’appeler, je donnerai tout pour l’équipe comme je le fais avec le Torino”, annonce-t-il quand on évoque sa possible sélection. “Ce serait magnifique d’aller au Brésil ensemble”, ajoute Cerci. “Mais nos chances passent par les prestations du Toro. Nous devons être performants jusqu’au bout”.

Le débat est ouvert en Italie où les plus avertis soulignent que Salvatore Schillaci ne comptait lui aussi qu’une seule sélection quand il a été appelé à la Coupe du Monde 1990… dont il a terminé meilleur buteur.

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